Comme à l’accoutumée, je travaille avec plusieurs outils dans le but d’éclaircir ce chemin parfois sinueux, afin d’atteindre une vie plus sereine, plus légère et plus fluide.
Et cette fois, le moment semble particulièrement juste.
Mon objectif de changement de trajectoire est atteint. Un nouveau chapitre se prépare.
Faire de la place
Lors d’un déménagement, il y a toujours ce tri matériel nécessaire : donner, jeter, ranger, alléger… Libérer l’espace de tout ce qui l’encombre.
Mais je constate une fois encore que ce tri extérieur fait écho à un autre tri, beaucoup plus intérieur.
Classer. Organiser. Faire de la place.
Et peut-être aussi… préparer ce qui doit être lâché.
Mes lectures du moment m’accompagnent dans cette exploration. Je me plonge notamment dans Le corps n’oublie rien, autour de la mémoire des émotions, ainsi que dans une lecture inspirante sur notre incarnation et les chakras.
Un oracle m’accompagne également durant 49 jours.
Comme à l’accoutumée, mes réflexions viennent ensuite se poursuivre dans mes rêves.
Des rêves symboliques qui semblent savoir exactement où regarder.
Cette fois, ils m’ont ramenée vers l’enfant que j’ai été.
L’enfant que j’ai été
L’enfant qui a été dressé pour répondre à un formatage humain.
Mon père avait dû faire un choix au début de sa vie de couple. Il souhaitait s’engager dans l’armée et ma mère lui aurait dit :
« Tu choisis. C’est l’armée ou moi. »
Avec le recul, je me surprends à penser que l’armée aurait peut-être été son meilleur choix.
Il aurait suivi son désir, sa vocation.
Et peut-être que nous, ses enfants, aurions échappé à cette discipline militaire imposée à la maison.
Car nous étions des enfants remarquables.
Du moins, c’est ce que l’on disait de nous à l’extérieur.
Derrière l’enfant modèle
Lorsque nous apparaissions en public, nous restions sages, assis, silencieux, sans exprimer une parole.
Quelle merveilleuse image de l’enfant parfait…
Mais que se cachait-il réellement derrière cette apparente sagesse ?
La peur.
Obéir au doigt et à l’œil, sous peine de représailles.
Apprendre très tôt à observer, anticiper, se conformer.
Ne pas faire de vagues.
Ne pas déranger.
Ne pas parler.
La peur s’est installée au fil des années et des expériences.
La maltraitance faisait partie du quotidien.
Et derrière tout cela, il y avait aussi une maman terrorisée, qui semblait parfois aussi soumise que nous.
Elle aussi obéissait.
À l’extérieur, notre maison était même surnommée « la maison du Bon Dieu », tant mon père pouvait apparaître comme un homme bienveillant.
Quelle ironie…
Le passé revient
Aujourd’hui, à plus de soixante ans, je suis encore surprise de constater à quel point certaines empreintes du passé peuvent continuer à agir.
Je croyais avoir parcouru suffisamment de chemin.
Et pourtant…
Certaines peurs sont encore là.
Inconscientes, silencieuses, mais bien actives.
Elles peuvent influencer ma façon d’être entourée, de faire confiance, de créer du lien.
Un nouveau foyer
Et aujourd’hui, le fait de choisir à nouveau de créer un foyer fait remonter tout cela.
Comme si la vie me disait :
« Regarde. Il est temps de libérer ce qui ne t’appartient plus. »
Je ne suis plus la petite fille qui devait se taire pour être en sécurité.
Je suis devenue une femme capable de parler.
D’exprimer ses besoins.
De poser ses limites.
De choisir.
De dire non.
De décider ce qui est acceptable pour elle… et ce qui ne l’est plus.
Peut-être que guérir ne signifie pas effacer ce qui a été vécu.
Peut-être est-ce simplement apprendre à ne plus laisser le passé décider à notre place.
Habiter sa propre vie
Alors je poursuis mon chemin.
Je trie.
Je range.
Je libère.
À l’extérieur comme à l’intérieur.
Et tandis que certaines choses quittent ma maison, je me demande…
Et si je libérais également les dernières traces de cette petite fille qui croyait devoir être sage pour être aimée ?
Peut-être qu’un nouveau foyer ne consiste pas seulement à changer de lieu.
Peut-être est-ce aussi enfin apprendre à habiter pleinement sa propre vie.
Christine